Harcèlement à l'école
- planahexcla
- 1 mai
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Article : Nouvelliste 12 mai 2025
Le harcèlement existe partout, pas seulement à l’école. En tant que travailleuse sociale, j’ai souvent constaté des situations sur le terrain», souligne Amra Mujanovic de l’Association sierroise de loisirs, éducation et culture (ASLEC), l’une des oratrices de la conférence sur ce thème jeudi à Martigny.
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La problématique intervient certes en classe, mais aussi dans la rue, dans les transports publics, à l’UAPE, à la maison… En 2022, une étude de l’Observatoire valaisan de la santé a montré que près d’un quart des élèves de 11 à 15 ans se disaient harcelés.
Amra Mujanovic connaît bien cette question. Elle a été mandatée par Promotion Santé Valais comme experte terrain pour coconstruire le projet-pilote de Sierre-Anniviers, permettant d’expérimenter des outils de lutte contre le harcèlement.
Ce projet sera étendu à tout le canton, grâce notamment aux Rotary clubs du Valais romand qui ont attribué 30’000 francs à Promotion Santé Valais pour développer ce dispositif dans la partie francophone du canton. Il apporte deux nouveautés: la création d’une grille d’évaluation pour détecter le harcèlement et des protocoles d’intervention concrets pour toutes les situations. «L’un de ces protocoles est destiné aux écoles. Ce sont des modes d’emploi très concrets pour les gens sur le terrain», souligne Amra Mujanovic.

Méthode efficace
Une stratégie efficace puisque le projet pilote a permis de détecter 38 situations de harcèlement. 27 jeunes et leurs familles ont bénéficié d’accompagnement et des interventions ont été menées auprès de 80 élèves en classe.
Si quelque chose a été mis en place pour du harcèlement à l’école, il faut observer si les moqueries, insultes ou isolement ont aussi lieu dans son club de foot par exemple.
Amra Mujanovic, travailleuse sociale
La grille d’évaluation permet d’identifier une situation de harcèlement. Il s’agit d’un questionnaire où l’enfant ou adolescent exprime s’il a été insulté ou moqué à l’école une fois ou plusieurs fois, à l’UAPE, dans le bus, dans la rue, etc. Chaque réponse comprend des points. «Le total montre s’il est dans le «orange» – ce qui signifie qu’il faut rester attentif – ou dans le «rouge» – il faut alors une intervention rapide», explique Amra Mujanovic.
Suivant le protocole d’intervention, la travailleuse sociale prend contact avec le directeur de l’école si le harcèlement a lieu au centre. «Ensuite, on regarde si c’est possible que je rencontre le jeune, à l’école ou ailleurs.» Les parents peuvent aussi l’avertir d’une situation problématique de leur enfant. «Nous avons également une permanence téléphonique le jeudi.»
Très jeunes enfants concernés
Une fois le constat de harcèlement fait et des mesures préconisées, un garant s’assure que les démarches envisagées aboutissent. «Si quelque chose a été mis en place pour du harcèlement à l’école, il faut observer si les moqueries ou l’isolement ont aussi lieu dans son club de foot par exemple», précise Amra Mujanovic qui a joué ce rôle pour le projet-pilote.
En cliquant sur ce QR Code, les personnes découvrent un questionnaire permettant d’évaluer leur situation. Photo: DR
Elle a été surprise par le nombre de très jeunes enfants subissant du harcèlement. «Je ne m’attendais pas à en avoir autant. Il y en avait plus en primaire qu’au cycle d’orientation.» Pour elle, la prévention devrait se faire davantage dès le plus jeune âge «via l’apprentissage du bien vivre ensemble, de l’empathie.»
Il est également nécessaire d’impliquer tout le monde, pas seulement la victime et le harceleur. «Chacun doit se sentir concerné. Tout le monde a un rôle et peut détecter le harcèlement, comme l’enseignant, le concierge, le chauffeur de bus, etc. On doit tous agir.»
Coaching pour les parents?
Amra Mujanovic préconise aussi la mise en place d’ateliers sur l’estime de soi ou la gestion des émotions. «Un enfant qui a une faible estime de lui peut être une cible de harceleur ou devenir harceleur lui-même.» Elle a déjà approché des psychologues et une infirmière en pédopsychiatrie. Les parents se sentent également la plupart du temps démunis. «On pourrait mettre en place un coaching pour les aider.»
La formation des intervenants avec les jeunes sur toutes les méthodes de prise en charge d’un jeune harcelé est essentielle. «Il ne faut pas sous-estimer ce que vit l’enfant. On doit parfois se mettre à la place de ce qu’il vit émotionnellement et être plus à l’écoute. Ça permet déjà d’être dans la détection précoce.»
L’association Morane lance une ligne d’urgence
«Nous recevons trois appels par jour. Ce qui donne l’ampleur du phénomène», s’exclame Mélanie Comby, la maman de Morane qui s’est suicidée après des mois de harcèlement, à propos de la ligne d’urgence que l’association portant le prénom de sa fille vient de lancer. «Ce sont souvent des parents qui appellent, ne sachant plus quoi faire pour aider leur enfant harcelé.» Le numéro d’urgence est le 078 314 06 18.
Les répondants sont à l’écoute et donnent des pistes. «Nous leur demandons de contacter d’abord le médiateur scolaire ou le directeur d’école. On les aide aussi au niveau juridique en faisant par exemple des lettres pour demander des mesures d’éloignement.»
L’association Morane, qui vient de célébrer sa première année, continue sa prévention dans les écoles. Elle organisera en 2026 son premier camp pour les jeunes, sans aucun écran, grâce au don de 25’000 francs du Rotary club de Monthey.





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